La guerre commerciale

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La guerre commerciale

Le choc des titans

guerre commerciale Chine/États-Unis

Depuis plus de deux ans, une guerre commerciale impitoyable fait rage entre la Chine et les États-Unis. Longtemps aucun des belligérants n’a voulu céder d’un millimètre, on se rendait coup pour coup, à n’importe quel prix.

Cette guerre commerciale a été lancée en janvier 2018 par Donald Trump, comme une bombe sur l’économie mondiale, avec un plan sur 4 ans de taxes douanières notamment sur le produit clé chinois des panneaux solaires. Le 19 septembre 2018, après les premières négociations ratées d’août, le Président américain annonce une surtaxe de 10 % appliquée sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises. Une surtaxe qui allait atteindre 25 % en janvier 2019. La réplique de Pékin ne s’est pas fait attendre : une hausse de 60 milliards des taxes sur les produits américains vendus en Chine.

Le 2 décembre 2018, une trêve de trois mois est signée, permettant aux deux superpuissances d’engager des pourparlers début janvier 2019. Mais aucun accord, même partiel, n’est trouvé, notamment à cause de l’affaire Huawei. En mai 2019, Donald Trump annonce une nouvelle surtaxe sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises. Une surtaxe qui atteindra les 300 milliards deux mois plus tard, déclenchant une nouvelle réplique de Xi Jinping qui laissera sa devise atteindre les 7 yuans pour un dollar, jetant un grand trouble sur les marchés financiers. Puis, Trump s’est attaqué au constructeur Huawei.

Le monde de Donald Trump

Le cas Huawei

Huawei constitue l’un des nerfs de la guerre commerciale que se livrent la Chine et les USA. Le pays de l’oncle Sam a de sérieuses suspicions sur le constructeur chinois, dont les produits contribueraient à la bonne marche de l’espionnage au pays du Soleil Levant. Cette hypothèse, quoique jamais formellement prouvée, de nombreux autres gouvernements y donnent foi, ce qui n’est évidemment pas sans conséquences pour Huawei.
Le constructeur chinois se trouve en effet exclu par de nombreux pays des expérimentations sur la 5G. Huawei figure également sur la liste noire des 8 entreprises chinoises de la Tech établie par les États-Unis à la mi-mai 2019. Dès lors, il n’est plus possible pour le constructeur chinois d’échanger de technologies avec les USA. Les conséquences sont lourdes pour Huawei, qui se voit par le fait même interdit de traiter avec des entreprises américaines telles Broadcom, ARM ou Qualcomm pour certains des composants de ses appareils. Ces dernières ont retiré leurs licences commerciales avec le constructeur chinois, tout comme des éditeurs de logiciels, tel un certain Google et sa licence Android. Version finale d’Android que Huawei n’a donc plus le droit d’utiliser pour équiper ses smartphones.

Mais cela, c’est sans compter que les États- Unis sont gouvernés par le plus déroutant des présidents, dans un monde mondialisé désormais exposé à ses coups de théâtre, ou de tweet, qui peuvent annuler une commande Boeing de 3 milliards de dollars en 140 caractères. En effet, Trump a précisé que les sanctions envers la Chine pourraient être levées en cas d’accord commercial, faisant hausser plus d’un sourcil. 

Le 11 octobre, un pas vers un possible accord partiel a été fait lorsque les USA ont pris l’engagement de suspendre la hausse de droits de douane sur 250 milliards de dollars d’importations chinoises. Quant au pays du Soleil Levant, il s’est engagé à faire des concessions sur la propriété intellectuelle et les services financiers. Par ailleurs, l’approche des 

pourparlers et de la signature d’un accord partiel en janvier 2020 a conduit Donald Trump à reporter de nouveaux droits de douane devant entrer en vigueur le 15 décembre 2019.

Vers un accord… partiel

Le 15 janvier dernier, c’est plus un cessez le-feu qu’un véritable accord qui a été signé entre les deux superpuissances, devant durer jusqu’à la présidentielle américaine a minima. L’escalade entre les deux dirigeants a donc enfin cessé.

Le rôle et la stratégie de l’Union européenne

L’Union européenne tente de maintenir l’équilibre du système commercial international, fortement menacé par la guerre commerciale sino-américaine.
Premier acteur du commerce mondial, l’Union européenne a raison de s’inquiéter d’un climat de fortes incertitudes installé par la guerre commerciale Chine/États-Unis, dans un monde mondialisé où les échanges commerciaux étaient jusqu’alors régis par des règles précises et indépendantes. L’UE craint plusieurs conséquences délétères de cette guerre : des rapports de force entre États, des problèmes structurels dans le commerce international et un effritement de la légitimité des institutions internationales.
L’Union européenne a donc adopté en 2019 une stratégie de stabilisation du système mondial, en réagissant aux mesures protectionnistes américaines et à leurs répliques chinoises dans le respect des règles de l’OMC, notamment par un train de mesures, le 5 mars 2019, destinées à contrôler les investissements chinois. De même, l’UE entretient un dialogue avec les parties prenantes de cette guerre de superpuissances et avec tous les autres partenaires commerciaux.
La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis jette un éclairage cru sur un système commercial mondial qui doit évoluer en profondeur, à travers des réformes systémiques et non seulement commerciales ou économiques, afin d’entrer, à marche forcée, dans le monde que Trump a créé.

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